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Film Streaming Night of the Demons

Film de Kevin Tenney Épouvante-Horreur 1 h 30 min 14 octobre 1988

Une nuit d'Halloween, un groupe d'adolescents décide d'organiser une fête dans un funérarium désaffecté soit disant hanté. Lors d'une séance de spiritisme, le groupe réveille un esprit maléfique qui décide de les tuer un par un...

Night of the demons, c'est l'histoire d'une bande de jeunes qui se rend dans une vieille maison abandonnée pour faire la fête, la nuit d'Halloween. Normal, quoi. Et comme souvent dans ces cas-là, oups, voilà que des démons débarquent pour s'en prendre à eux. C'est aussi simple et cliché que ça. En plus on retrouve pleins d'archétypes de ce type de films : un vieux fou qui prévoit la suite des évènements (mais sans vraiment le penser, ici, il profère juste une menace), de la nudité purement gratuite, et des ados cons. Pour les habitués, on retrouve la fameuse Linnea Quigley, cette dame qu'on aime, avouons-le, parce qu'elle s'est mise à nue dans pleins de films d'horreur, comme Le retour des morts-vivants ou Douce nuit sanglante nuit. Night of the demons m'a quand même un peu surpris parce que, une fois n'est pas coutume, on a de full frontal nudity. On n'ose pas souvent ça. Le premier plan sur Linnea, c'est un gros plan sur ses fesses alors qu'elle est courbée vers l'avant. On ne cherche pas à dissimuler pourquoi elle est là, d'ailleurs dans le film, son personnage est censé distraire des caissiers tandis que sa copine vole dans les rayons. Ce qui est marrant, c'est que je vois comme un décalage entre la débauche du personnage et son costume, qui est une robe toute rose qui fait penser à ce que porterait une petite fille candide. Je ne sais pas si le réalisateur avait en tête de pervertir des figures d'innocence, mais il y a aussi l'héroïne, qui se déshabille sans que ce soit vraiment justifié, pour se changer et enfiler son costume d'Alice au pays des merveilles. J'ai cru que c'était un hasard, ces couleurs dans sa tenue, mais c'est confirmé par le copain de cette fille, qui parle de "wonderland" dans une scène où il la pelote. Toujours dans la même idée de placer de la sexualité dans le film autant que possible, il y a un baiser lesbien entre deux filles, dont l'une veut en fait posséder l'autre.

En même temps que le sexe non justifié, c'est un peu comme un règle : comme je le disais, les adolescents qu'on a comme personnages principaux sont plutôt crétins, et ils ont un humour débile. Il y en a un qui propose "un coup de main" à ses camarades dont le véhicule est arrêté sur le bord de la route, et en fait il se contente d'applaudir avant de repartir. Ca m'a paru dépassé, mais en fait est-ce que c'est un sens de l'humour auquel on est fermé une fois qu'on n'est plus dans les 80's, ou est-ce qu'à l'époque déjà ce n'était pas drôle ? Mais à côté, j'ai eu l'impression que Night of the demons visait bien concernant une certaine réalité chez les ados, concernant le personnage de Stooge, qui se moque méchamment d'Angela avant d'arriver à la fête, mais une fois qu'il en a l'occasion il danse volontiers avec elle et l'embrasse, car après tout il faut bien admettre qu'elle est assez charmante. Enfin bon, moi les filles attirées par les histoires de démons & co et qui sont tout de noir vêtues, hein... Et je ne sais pas si on peut placer ça dans les archétypes, même si on voit assez souvent cette figure : celle de l'enfant agaçant, ici le petit frère de Judy. Enfin il est insupportable pour les personnages, mais pas pour le public, car son insolence est plutôt amusante.

Evidemment, une fois les jeunes sots arrivés dans la vieille maison pour faire la fête (wouhou !), à un moment ils décident de se séparer pour "visiter", par couples. C'est surtout en cela, finalement, qu'on peut rapprocher Night of the demons de Le couvent, en plus du fait que les personnages se font posséder un à un, mais je n'ai pas vraiment trouvé de rapport fort entre les deux, contrairement à ce que j'avais imaginé. En fait peut-être que le lien à trouver entre les deux inclut tout simplement Evil dead, je n'y avais pas pensé sur le moment, mais les deux semblent s'en être pas mal inspirés. Déjà, j'avais oublié que l'histoire des jeunes possédés un à un était déjà présente dans le film de Sam Raimi, et ensuite dans les deux films que je voulais comparer on retrouve des effets repris de ce classique qu'est Evil dead. On a dans les deux cas cette caméra qui se déplace rapidement dans les couloirs, comme pour figurer le subjectif d'un démon qui se faufile dans la demeure, et ces objets qui bougent tous seuls comme les portes qui se ferment ou les planches qui se plaquent contre les fenêtres. Je m'étais dit au début de Night of the demons qu'un des personnages faisait vaguement penser à Ash, avec sa chemise bleue entrouverte et la coupe de ses cheveux bruns, mais je m'étais dit que j'allais chercher trop loin, et que j'y pensais uniquement parce sur nanarland (site sur lequel j'ai connu la saga via la chronique du troisième film) un personnage de Night of the demons 3 était comparé à Ash. Finalement, en voyant l'influence d'Evil dead, et le fait que le réalisateur de Night of the demons 1 soit le scénariste du 3, ce n'est probablement pas un hasard.

On est d'accord que Night of the demons est loin de faire dans l'originalité, donc qu'est ce qui le sauve ? A part le gore et le sexe ? Déjà, le générique d'ouverture est très sympa. Ensuite, j'ai été marqué vers le début, dans la scène où jouent les fesses de Linnea Quigley, par l'absence quasi-totale d'ambiance. Sans ce fond sonore qui semble être une musique électronique de borne d'arcade, on pourrait croire voir des rushes. Le film surprend plus tard par quelques bonnes idées et des moments où la mise en scène n'est pas à jeter. Il y a par exemple un plan très bien composé où l'on voit chaque personnage en réflexion dans des bouts de miroir dans le sol ; dommage que le réalisateur, tout fier qu'il devait être, n'a pas pu se décider à raccourcir ce plan qui dure plus longtemps que nécessaire. Vu que c'est son second film, j'imagine plutôt bien Kevin Tenney tout content de voir ce qu'il peut faire avec une caméra et ne pouvant pas trop se restreindre, car c'est la même chose lorsqu'il emploie deux fois le travelling compensé dans son film. Dans les bonnes idées dont je parlais, il y a tout de même la scène de transe/danse superbe avec Angela, et celle où une des filles apporte la preuve qu'elle est possédée de par sa voix grave, mais le silence se fait autour d'elles et seulement après les personnages se remettent à parler, ignorant ce qui s'est passé ; en somme ils ont la même réaction que celle qu'on aurait face à quelqu'un qui fait une mauvaise blague et à qui on n'ose pas dire que ce n'est pas marrant. Night of the demons doit aussi pas mal à ses effets spéciaux, notamment pour un trucage de bras arraché sympa, et une scène complètement what the fuck très plaisante pour laquelle je me demande encore "mais comment ils ont fait ?!" tellement l'illusion est parfaite. Cette scène débute comme un jeu érotique, et on y croit d'autant plus que les FX sont superbes de sorte à ce qu'on n'y voie que du feu, et ensuite tout d'un coup surgit le bizarre, l'horrible. Ca me rappelle comme c'est efficace de stimuler ainsi le spectateur avant de le dégoûter (cf. les scènes de sexe "inachevées" dans Freddy 2 et 3)

Bon après, je ne sais pas si c'est à cause de l'école de cinéma, si je regarde des films bourrés d'erreurs ou quoi, mais ces temps-ci j'en remarque pleins. Dans Night of the demons, on peut compter deux acteurs qui continuent de bouger alors que leurs personnages sont censés être mort, et des faux-raccords dingues : -Une fille allongée sur une table, la tête sur la gauche de l'écran, fait tomber son copain du côté de la table opposé à la caméra. La fille relève le haut de son corps, et là il y a une saute puisque le plan d'après elle finit de s'asseoir sur un côté de la table, mais ça passe inaperçu, du moins avant que l'on voie le copain se relever derrière elle. Le positionnement de la caméra entre les plans m'avait fait penser que la fille s'était relevée du côté où elle a balancé son copain, du coup je ne comprenais pas ce qu'il faisait derrière. J'ai dû revoir la scène pour comprendre ce qu'il s'était passé ; en fait c'est juste la position de la caméra qui m'a induit en erreur, en plus du fait qu'il y ait une saute... -Lorsqu'un des personnages chute, sa position varie entre les plans (soit elle tombe les pieds vers le bas, soit le dos...), de même pour le lieu où elle va atterrir. Par un irrespect total de la configuration des lieux et des lois de la physique, la fille atterrit juste devant son ami qui amortit sa chute. -Et enfin, il y a une porte d'incinérateur qui se referme alors que l'instant d'avant, il y avait un tuyau de gaz qui en sortait.

En plus de ça, Night of the demons a un twist ending totalement gratuit, débile, et bien "what the fuck". Et pourtant, j'ai plutôt bien aimé. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais c'est en partie pour les quelques maigres idées sympathiques qui s'y trouvent, et parce que je ne me suis pas ennuyé, c'est important.

Ah, et Amelia Kinkade, l'actrice qui joue la fameuse Angela dans toute la trilogie Night of the demons a arrêté de jouer en 1997 avec le troisième film, et maintenant elle est une "animal communicator". Elle prétend parler aux animaux par télépathie. Ca me fait peur.

Ah, et il y a eu un remake de Night of the demons, par Adam Gierasch, le réalisateur d'Autopsy, et scénariste de Mortuary et Mother of tears. Ca aussi, ça fait peur.

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