Download in HD

Film Streaming La passe du diable

Documentaire de Pierre Schoendoerffer et Jacques Dupont Drame 1 h 20 min 1958

Avec Jean-Pierre Aumont

Alors que son grand frère Mokhi refuse de l'emmener au grand jeu de bouzkachi de Kaboul, auquel il va participer pour représenter la province de Kataghan, le jeune Rahim décide de s'y rendre par ses propres moyens. Guidé par l'ange de la mort, Azraël, Rahim parvient difficilement à Kaboul. Là,...

A l’origine de ce film, il y a le désir de Joseph Kessel de faire un reportage sur l’Afghanistan. Ne pouvant le faire financer par un journal, il décide de proposer à un producteur de cinéma de financer l’expédition. Il s’adresse alors à Georges de Beauregard, futur producteur emblématique de la Nouvelle Vague, et le persuade de se lancer dans l’aventure. Il en naîtra un film "La passe du diable" et un livre "Le jeu du roi" dans lequel Kessel raconte à la fois sa découverte de l’Afghanistan et le tournage du film. Dans les premières pages du "Jeu du roi", Kessel raconte sa rencontre avec Beauregard et comment celui-ci accepte de produire un film fait par des inconnus sans pratiquement aucune expérience mais promis à des grandes carrières : Pierre Schoendoerffer et Raoul Coutard. Ils seront certes encadrés par deux techniciens plus expérimentés mais on ne peut être qu’ébloui devant cette rencontre de talents. La gageure est d’autant plus importante que le tournage se déroule à l’autre bout du monde et que Beauregard n’envisage le film qu’en couleurs et en Cinémascope, format encore rare en France.

Le film raconte une histoire de tchopendoz, les cavaliers qui pratiquent le bouzkachi, sport national afghan dans lequel plusieurs équipes de cavaliers se disputent la dépouille d’un bouc (spectaculaire et physique, le bouzkachi inspirera à Kessel un de ses chef-d’œuvre : Les Cavaliers). Sous la forme d’un documentaire romancé nous suivons le parcours d’un champion de bouzkachi invité à participer au grand tournoi de Kaboul en présence du roi, et de son jeune frère qui pour assister au tournoi s’enfuit de la maison et traverse le pays par ses propres moyens pour rejoindre Kaboul. Il ne faut pas y chercher une grande intensité dramatique car cette histoire est surtout un prétexte pour découvrir un pays et sa culture, et sous cet angle le film est une grande réussite.

On est dans du docufiction, les comédiens sont amateurs et jouent d’une certaine manière leurs propres rôles. L’ensemble du film est accompagné d’une voix off qui décrit les événements, traduit les dialogues et nous indique les sentiments des personnages. Le procédé est un peu lourd d’autant que le texte est aujourd’hui assez désuet mais c’est le seul véritable écueil du film qui par ailleurs nous fait découvrir un pays magnifique à une époque qui ne connait pas de troubles. Les paysages sont fabuleux, le film est un témoignage rare sur la richesse en partie disparue de l’Afghanistan : citadelles en ruines datant d’Alexandre ou de Gengis Khan, les Bouddhas géants de Bâmiyân, des mosquées aux couleurs vives ou Kaboul en paix. Les images sont superbes, la réalisation est soignée avec quelques effets qui soulignent l’influence des films hollywoodiens d’aventures des années 50. Un pays qui fait rêver, loin des images actuelles des journaux télévisés. Un projet un peu fou mais magnifique et mené avec passion par des créateurs talentueux.

FILM COMPLET EN STREAMING VF